Le long de la rue du Montgras, entre champs et chemin d’entrée dans Rebecq, une haie d’arbustes mélangés et de la région (cornouillers, aubépines, amélanchiers, prunelliers, etc.) avait été plantée pour séparer clairement et visuellement l’espace des véhicules à moteur (la route) et l’espace des piétons et des vélos.

Il y en avait pour tous les goûts des oiseaux, des abeilles et pour la vue des passant-e-s à pied ou à moteur : port souple ou raide, feuillage foncé ou panaché, fleurs en grappes, en ombelles ou en simples coroles.

 

En (r)entrant dans Rebecq, ces quelques mètres de haie nous disaient : « bonjour, ralentissez, regardez nos feuillages différents et la richesse de notre territoire ! Ici, vous entrez dans un village où la diversité est appréciée comme source de vie et de fertilité ! Les mélanges ne nous font pas peur – nos agriculteurs et notre population savent y faire – et même si cela déborde un peu, si cela fait parfois échevelé et qu’il y a des petits, des plus grands, des tordus et des maigrelets, tout le monde est bienvenu. Il suffit de rester entre la route et le champ ».

 

Mais voilà, malgré les protestations de l’équipe du Plan communal de Protection de la Nature (PCDN), la haie mélangée a été arrachée d’un coup, en pleine poussée printanière, pour céder la place à un alignement de charmes charmants mais tristounets, tous pareils et bien alignés. Le bonjour a changé : « Ici, vous entrez dans une localité où la variété n’est pas bienvenue, où la peur du désordre et de la contamination désordonnée l’emporte sur l’accueil de la biodiversité, où l’entretien plus facile prime sur l’entretien plus « connaisseur », où la volonté de mettre au pas et sous contrôle concerne même les arbustes ».

 

Une haie. Un détail. Un symbole.

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