La démocratie désignée sous le nom de « participation citoyenne » n’en est qu’à ses débuts en Belgique. La possibilité donnée à la population par la loi d’intervenir dans le processus de prise de décision politique est certes devenue effective, mais les études ici et en Europe montrent qu’il reste beaucoup à faire.

Les outils existent (enquête publique, référendum, commissions d’avis, règles de fonctionnement, tutelles de contrôle, etc) mais cela coince encore dans le fonctionnement : trop d’instances de pouvoir utilisent encore ces outils comme des lieux de communication (le Collège explique sa politique plutôt que la mettre au banc d’essai de remarques et propositions alternatives), d’entérinement (le Collège fait approuver sa politique voire cautionner des décisions parfois difficiles à prendre car pénibles pour certaines catégories de personnes plutôt que de collecter les avis qui permettraient de l’améliorer), voire de contrôle (le Collège vient surveiller qui s’oppose ou s’interpose de manière à affiner ses stratégies de pouvoir plutôt que repérer et soutenir des personnes utiles au jeu citoyen).

Il est vrai que, pour un pouvoir communal, construire une décision doit maintenant se faire en tenant compte de toute une série de choses : les promesses électorales coulées dans la déclaration de politique qui débute les 6 ans de son mandat, les données et avis de l’administration communale qui apporte l’historique des dossiers et son contexte légal, les avis de la tutelle. S’y ajoutent les avis d’expertises payées (les audits et autres études commanditées parfois à grands frais) et les avis des commissions citoyennes. Si vous y ajoutez les négociations internes entre les groupes politiques qui composent la majorité, cela fait effectivement beaucoup. Il faut donc établir des priorités, des méthodes d’examen et de décision pour arriver à faire prendre toute cette sauce démocratique. Et là, mystère : le plus souvent, le mécanisme reste obscur pour le plus grand nombre. Davantage de clarté permettraient certainement une meilleure compréhension citoyenne du fonctionnement des institutions politiques et un meilleur contrôle démocratique.

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